"Je voudrais vous dire" par Kamand
Par solidariteIran le jeudi, juillet 2 2009, 21:15 - "Je voudrais vous dire" - Lien permanent
Je suis rentré du travail et je me suis changé pour retrouver quelques amis pour aller manifester. Cette fois ci elle devait avoir lieu de la place de Tajrish jusqu'à la gare, sur les 20km du boulevard Valiasr.
Après nous être retrouvés, nous partîmes sur la route pour aller vers la place Vanak. Des gens marchaient aussi à nos côtés, mais cela n'avait rien à voir avec les marches silencieuses précédentes qui eurent lieu autour de Téhéran. Une chose étrange était qu'il y avait énormément de personnes de la milice Basiji, des polices anti-émeutes et de la police du régime, sur les ponts et sur les deux côtés de la rue; c'était plus tristement amusant qu'autre chose. Ce qui était plus intriguant était qu'il y avait beaucoup d'hommes et de femmes, jeunes et vieux, qui essayèrent de parler aux officiers. Sur la route principale, il y avait de larges groupes de policiers supplémentaires, prêts à agir. Le boulevard Valiasr était agité d'une manière différente que d'habitude. Le trafic routier était très mauvais comme toujours, mais il y avait une grosse différence. Personne n'était pressé et les automobilistes était patients et tolérants, très inhabituel pour les conducteurs de Téhéran. Il y avait un regard spécial sur le visage des gens. Il y avait un sentiment de solidarité. Nous arrivames à la place Vanak, remplie de policiers équipés de matériel anti-émeute, tout le monde les regardait en se demandant pourquoi, pourquoi?
Très fatigués à cause de la chaleur, nous sommes allés prendre un taxi pour repartir vers le nord, mais il y avait trop d'embouteillages sur le pont qui était couvert de policier. Tous les automobilistes commencèrent à klaxonner pendant 10-15 minutes. Lorsque nous arrivâmes place Tajrish, j'ai vu un homme dans la rue avec beaucoup de policiers qui l'entourait, lui faisant subir un traitement cruel et dégradant. Son crime était d'avoir des cheveux longs! Avant que je ne m'en rende compte, plusieurs personnes furent fouillées.
Beaucoup de gens étaient un peu fatigués la semaine dernière; mais ce week-end leur redonna de la force pour se regrouper et retrouver de l'énergie. Ils sont convaincus désormais, que la majorité silencieuse iranienne s'est réunie ainsi que ses espoirs et aspirations et que pour la première fois il y a un pont entre ceux qui sont restés en Iran comme nous et ceux qui sont partis de leur patrie mais qui restent attachés à sa terre et à son ciel bleu.
Aujourd'hui, j'ai vu des centaines de mes frères et soeurs avec une volonté de fer, montré le V en signe de victoire; dans des groupes grands et petits et individuellement ils sont allés dans les rues et feront de même cette semaine et la semaine prochaine, et le mois prochain, jusqu'à ce que nous, la jeunesse d'Iran, fassions tomber les tyrans au pouvoir, que nous ayons le droit de manifester sans heurts, que nous obtenions l'annulation de cette élection mascarade et que nous avancions vers plus de transparence, vers un gouvernement plus démocratique et vers des lois plus justes, pour que l'Iran soit un meilleur pays pour tous.
Oui, nous sommes la classe moyenne d'Iran et nous faisons fonctionner ce pays, et ceux qui le dirigent devraient se raviser à ce fait en faisant des compromis, ou, comme tous ceux qui ont essayé de gouverner avec l'opposition de tous leur peuple, ils finiront dans les décombres de l'Histoire!