Une centaine de manifestants iraniens ont été arrêtés dimanche 9 mai à Paris par des CRS alors qu’ils dégradaient la façade de l’ambassade d’Iran. Ils manifestaient contre la pendaison qui avait eu lieu ce matin-là pour cinq militants kurdes, dont une femme.
Extraits du blog Dentelles et Tchadors :
”A 16 heures, environ 200 iraniens se sont spontanément et pacifiquement rassemblés sur le parvis des Droits de l’homme du Trocadéro(sans autorisation préalable), en réponse à l’exécution de cinq prisonniers kurdes par les autorités iraniennes (dont une femme) ce matin à Téhéran “, raconte Yashar Mohtashem, Iranien présent sur les lieux, et membre du Comité indépendant contre la Répression des Citoyens iraniens (Where is my vote). “Puis sur les coups de 17 heures, les manifestants se sont postés devant l’ambassade de la République islamique d’Iran à Paris, à quelques mètres de là (rue Iéna). Certains manifestants très en colère, et indignés par la barbarie du gouvernement iranien, ont alors inscrit les noms des prisonniers exécutés sur les murs de l’ambassade, puis y ont tagué des slogans révolutionnaires (en français et en persan) : “LA FRANCE AVEC NOUS” / “SOLIDARITÉ INTERNATIONALE” / “À BAS LA DICTATURE” / ...
“Les manifestants ont également collé les portraits des cinq Iraniens pendues ce matin, puis s’en sont pris à la plaque ainsi qu’aux caméras de sécurité de la représentation officielle. Les membres de l’ambassade ont eux répliqué avec des insultes puis en nous arrosant avec les tuyaux du jardin de l’ambassade. Quelques instants plus tard, un cordon de CRS mobiles s’est formé autour de nous pour nous contenir. Une heure après, les agents français ont arrêté une centaine d’entre nous puis nous ont placés dans des bus. Ils nous ont conduits au commissariat de la Goutte d’or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Or celui-ci manquant de place, certains, dont moi, ont été amenés au commissariat du 11ème arrondissement (107 boulevard Voltaire). Après nous avoir fouillés, les policiers ont enregistré nos identités, et nous ont conduits dans les sous-sols du bâtiment. Là, nous avons été séparés en deux groupes, ceux qui possédaient leurs papiers, et les autres. Les agents de la paix refusent pour l’instant de recevoir nos plaintes contre les employés de l’ambassade d’Iran pour injures et nous demandent d’éteindre nos portables. Nous sommes 43 Iraniens, le reste doit arriver…”
Tous les manifestants ont été libérés dimanche soir à 22h30.